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Les armes à surpression thermobarique

Les bombes classiques lorsqu’elles explosent sont mortelles et destructrices en combinant deux effets : un phénomène de surpression capable d’écraser les organes internes d’un être vivant ou de détruire un bâtiment (onde de choc), et un important dégagement de chaleur à l’origine de graves brûlures de la peau ou d’incendies.

Les armes à surpression thermobariques, également nommées armes à effet de souffle, fonctionnent quant à elles en trois temps : une détonation initiale disperse tout d’abord un fin nuage de gaz ou de poudre qui, de par sa consistance, peut se diffuser sur un large périmètre et s’infiltrer dans la moindre cavité, pénétrant à l’intérieur d’une construction ou d’un véhicule blindé non hermétique. Puis une seconde explosion embrase ce nuage dans une énorme boule de feu, engendrant un niveau de surpression beaucoup plus élevé que celui d’une bombe conventionnelle. La troisième étape est la dépression toute aussi brutale résultant de la combustion rapide du mélange vaporisé.

Les effets combinés de la surpression/combustion/dépression sur un être humain sont dévastateurs. Les personnes situées près de l’épicentre sont instantanément désintégrées. Celles situées plus loin pourront être tuées soit par le blast provoquant de graves lésions internes, soit par brûlure en contact direct ou par inhalation du combustible brûlant. La dépression ainsi que la raréfaction de l’oxygène l’accompagnant provoqueront quant à eux invariablement un traumatisme pulmonaire majeur et une lente asphyxie.

Les explosifs à effet de souffle peuvent être utilisé de manière native, ou bien combinés dans des systèmes plus élaborés servant à propulser des fragments de métal par exemple. Ils peuvent être également intégrés dans des cônes de charge en tandem avec une charge creuse, cette dernière perforant blindage ou béton pour laisser passer la charge thermobarique qui explose à l’intérieur de l’objectif.

Dans un espace confiné cette arme voit son potentiel destructeur décuplé car l’onde de choc se propage très loin, s’engouffrant dans le moindre interstice, remplissant les volumes, changeant de direction,montant ou descendant les niveaux. Le gilet pare-balles ou les sacs de sable ne sont alors d’aucune protection.

Les munitions utilisant ce type d’effet de souffle sont multiples : obus, roquettes ou bombes. Pour ce dernier vecteur la Russie a testé en septembre 2007 une bombe à implosion (ou bombe à vide) utilisant 7 tonnes d’explosif et faisant appel aux nanotechnologies pour disperser un nuage de carburant sur 300 mètres de rayon. Cette arme de destruction massive est d’une puissance équivalente à 44 tonnes de TNT, soit celle d’une petite arme nucléaire.

Selon toute vraisemblance des armes à surpression thermobarique ont sans nul doute été utilisées dans les derniers conflits modernes en Bosnie, en Tchétchénie, en Afghanistan, en Irak ou au Liban…





Non non, rien à voir avec Dora l’exploratrice

Un peu avant le début de la seconde guerre mondiale les ateliers germaniques Krupp commencèrent le développement pour le IIIième Reich d’une pièce d’artillerie hors normes : un canon de 800mm de diamètre. Baptisé Dora, le premier exemplaire fut livré à l’armée en 1941 et participa en 1942 durant deux semaines à sa seule et unique bataille, le siège de la base navale de Sébastopol en Crimée (front est).

Les quelques 1350 tonnes de l’arme reposaient sur quatre chariots ferroviaires circulant sur deux voies de chemin de fer parallèles. Seul l’angle d’élévation du tube, long de 32.5m, étant réglable le pointage directionnel était obtenu en avançant ou reculant le canon le long de l’arc de cercle formé par les rails. Le canon pouvait tirer deux énormes types de munitions : des obus perforants de 7,1 tonnes pouvant faire sauter un dépôt de munitions enterré sous trente mètres de terre à plus de 37km de distance, et des obus explosifs de 4,8 tonnes propulsés jusqu’à 45km.

Dora

Du fait des dimensions phénoménales de cette pièce d’artillerie, les quelques 500 servants de la Wehrmarcht ne pouvaient soutenir une cadence de tir que de 14 coups par jour. Cela semble faible mais il faut songer au poids des munitions à manutentionner, aux manœuvres de rechargement, au temps nécessaire pour les calculs ballistiques, au refroidissement des pièces d’acier sans compter les phénomènes physiques à gérer tel que la dilatation et la déformation du tube après chaque tir.

Dora ne fut jamais utilisé mais son jumeau, Gustav, le fut lors du siège de Sébastopol : il n’aura certes tiré que 48 coups mais en ayant systématiquement rasé 7 cibles parmi lesquelles les imprenables forts Molotov, Falaise blanche et Maxime-Gorki. Malgré son gigantisme le 800mm n’était qu’une pièce parmi des milliers d’autres canons et obusiers  qui ont bombardé la ville, près de 562 000 obus étant tombés en un mois sur ce port considéré alors comme la plus puissante forteresse du monde.

Dora

Début Juillet 1942 Sébastopol tombait après une résistance soviétique de 250 jours. Ils avaient perdu 250 000 hommes (deux armées), 90 000 furent fait prisonniers. Les Allemands eurent quant à eux 80 000 tués et blessés. Dora fut détruit par les allemands avant la fin de la guerre pour éviter que l’arme ne tombe au main des troupes russes. Gustav connut le même sort sur le front Ouest.

En prime une petite vidéo :